S’approprier les oeuvres autour de l’exposition LES ROUART

mardi 6 octobre 2015
par  Stéphanie Duffour
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« Les ROUART, de l’impressionnisme au réalisme magique »
Atelier Grognard 2015-16

Voici quelques pistes autour de l’exposition, ces pistes sont articulées autour des trois piliers de l’éducation artistique et culturelle : « RENCONTRER-PRATIQUER-CONNAITRE »

RENCONTRER
Derrière ce pilier 1 de l’éducation artistique et culturelle, on considère des rencontres avec des œuvres, in situ en classe ou en visite mais aussi des rencontres avec des professionnels, des artistes, des rencontres avec des lieux (Musée, galerie, salle de spectacle, lieu architectural remarquable…)
Selon le « type de rencontre » différentes activités vont en découler.
Ici, dans le cadre de cette visite d’exposition, on peut retenir deux rencontres essentielles :
- Le lieu
- les œuvres
A partir du lieu, des activités en classe liées à l’histoire de Grognard peuvent être proposées et des prolongements sont envisageables autour de la mise en exposition.
« Le dépliage d’œuvres », dont vous trouverez la description sur le site IEN12, dans la rubrique « ressources » concerne aussi bien le lieu que les œuvres découvertes.
Il est préférable de mener ce dépliage« in situ » sur une sélection d’œuvres, et autour du lieu lorsqu’il s’agit d’une première rencontre avec l’atelier Grognard pour les élèves. Enfin, le dépliage peut faire l’objet de prolongements en classe.

1-Le lieu
Faire un recueil de mots de leurs premières impressions sur le lieu.
Utiliser ce lexique pour différencier ce qui est de l’ordre des émotions personnelles, qui pourra être repris plus tard dans le cahier ou carnet culturel, et ce qui est de l’ordre du descriptif qui permet de faire des liens et de re-contextualiser le lieu (matériaux « fer » et « verre » par exemple).

Grognard, un lieu chargé d’Histoire :
L’atelier Grognard est une ancienne fabrique de plaques de cuivres, zinc et étain pour la gravure. Construite en 1880, cette fabrique faisait partie du parc de Malmaison. Elle a eu plusieurs propriétaires, dont le gendre de M.Hervet, ancien Maire de Rueil.
Grognard est tout simplement le nom d’un de ses anciens propriétaires.
Réhabilité en 2001, ce lieu préserve le charme et le caractère des sites industriels reconvertis.

Vous pouvez de retour en classe mener un travail de recherche avec vos élèves sur le passé industriel de Rueil, la société d’Histoire de Rueil et son président, M. Ducros, sera ravi de vous aider dans vos recherches de documentation.

2-Les œuvres exposées :

Faire émerger l’organisation générale de l’exposition : trois peintres, une couleur par peintre.
Prévoir une photo ou portrait de chaque personnage (Henri, Ernest et Augustin, enfin Julie, la femme d’Ernest….le père de Julie…Manet…sa mère…), qui sera cité ainsi qu’une généalogie simplifiée. Pour les plus jeunes, élèves de maternelle, une brève présentation en amont des trois protagonistes de l’exposition.

Dans l’exposition, choisir pour chaque peintre un tableau, et mener une activité de langage, avec une consigne ouverte. Cette démarche que vous trouverez parfois sous le titre de « dépliage d’œuvres » (lien cité plus bas) permet à chaque enfant, peu importe son niveau de connaissances d’être actif et de contribuer collectivement à construire du sens sur l’œuvre.
Certains enfants vont être plus sur l’émotionnel (tenir compte de leur ressenti et mettre en relation ces premières émotions avec les éléments plus descriptifs de l’œuvre), ce va et vient entre l’approche sensible, émotionnelle et la description est importante pour la construction du regard de spectateur.

Pour plus d’informations sur la démarche de « dépliage d’oeuvres » vous pouvez vous rendre sur le site de circonscription, via le lien suivant :

PRATIQUER

Pilier 2 de l’éducation artistique et culturelle, la pratique doit « éclairer » l’œuvre ou les œuvres rencontrées. Elle est en deux temps : l’un sur le lieu d’exposition (développer le regard sur les œuvres par le biais de médiations), l’autre en classe (utilisant plus de matériel).

Le dessin développe entre autre les qualités d’observation, prévoyez un temps in situ pour permettre aux enfants de dessiner ou de faire un croquis.
Vous pouvez aussi utiliser la médiation de petits cadres en carton pour sélectionner un détail et travailler la notion de cadrage.
Il n’est pas autorisé d’utiliser des feutres dans un lieu d’exposition, toutefois, des annotations sur les couleurs peuvent venir légender les croquis.
Il est important aussi de demander à chacun, individuellement, de choisir son œuvre « préférée ».
Pour les plus jeunes enfants de maternelle, une dictée à l’adulte sous son dessin (Titre de l’œuvre, pourquoi on l’a-t-on choisie ou qu’est-ce qu’on en pense…).

D’autres pistes qui peuvent faire l’objet de la visite ou d’un travail en classe  :

a- Les sujets traités par les trois peintres :
Le portrait (cadrage), les scènes avec personnages, les paysages, les natures mortes.

b- Les techniques utilisées (différence/ressemblances) :
Huiles, peinture à l’eau (gouache), gravure …Mettre en lien avec la semaine de la Gravure de Rueil qui a lieu chaque année à l’espace Renoir).
De retour en classe, n’hésitez pas à varier les techniques et à les proposer en fonction des effets que vous souhaitez être produits : pastels secs (flou ou pour retrouver la « touche mousseuse » d’Ernest Rouart) crayon de couleur (traces de crayonnage, dessin et contours plus précis), encre et aquarelle pour les fonds, les feuillages ou pour évoquer les transparences de l’eau comme sur « Le petit pêcheur » 1943…
Faire chercher aux élèves les harmonies de couleurs de certains tableaux

c- Les univers des trois peintres :
Celui d’Henri : l’expression de la nature (« arbres au crépuscule », « Nature morte aux géraniums » ou « l’Etang du domaine de l’Hermitage » par exemple) des maisons bourgeoises, des vues intérieures/extérieures…
Celui d’Ernest, début de siècle (les habits, les scènes mondaines…)
Celui d’Augustin, proche de l’esprit de Maurice Denis et de Gauguin dans certaines toiles, son art est inspiré de la plastique des années 30.

d-Les histoires que les tableaux racontent…
In situ, dans l’exposition, proposer aux enfants d’imaginer les titres de certains tableaux.
De retour en classe, produire une invention d’écriture libre ou avec contrainte (par exemple, utiliser la description et prendre la place d’un personnage sur les tableaux suivants : « femmes se promenant » 1920 ou « A l’Opéra » 1905 d’Ernest Rouart ou imaginez ce qui a bien pu se passer avec « Adolescent sur la plage » 1973, « la Balise rouge », 1962 d’Augustin Rouart dont le fils, l’académicien Jean-Marie dit « sa peinture règne sur des rêves »(1)…)

CONNAITRE

Pilier 3 de l’EAC, il intègre toutes les activités qui permettent de re-contextualiser les œuvres rencontrées, par le biais de recherches (internet, ouvrages), de faire des liens entre les courants, les mouvements, de fixer les connaissances sur l’axe du temps, les unes par rapport aux autres.

Il s’agit aussi, pour chaque élèves, de faire le point sur son parcours de spectateur, donc de pouvoir convoquer ce qu’il a aimé ou au contraire ce qui l’a dérangé… Le carnet d’Histoire des arts ou le cahier culturel, carnet du projet est un outil de mémorisation, de valorisation des rencontres effectuées.
De retour en classe, par exemple, il est souhaitable de fixer quelques dates repères (frise chronologique de classe ou du cahier, mise en relation d’œuvres entre elles).

Quelques activités, des plus simples aux plus complexes  :
Classer les trois artistes à partir de leur date de naissance et chercher quelques noms d’artistes qui ont peint à la même époque. Situer par exemple Manet, Renoir, Degas, Corot…. Pour ne citer qu’eux.
Mettre les Rouart en relation avec leur époque respective… Qui sont-ils ? Des peintres ? Des mécènes ? Des collectionneurs ? Les Medicis du XX ème siècle ?
Aborder quelques courants artistiques à l’estampe japonaise… (2)
Réaliser une mini exposition ou Musée de classe et se poser des questions liées à la mise en exposition, les collections, à la Muséographie (3) (catégorisation : thème, couleurs, déroulement chronologique)…

Ressources disponibles en circonscription ou conseillées :
(1) Article d’Alix Saint-Martin dans le magazine HDS mag, n°43
(2) De l’impressionnisme au réalisme magique, Dominique Bona, édition Gallimard
(3) Arts visuels et collections, cycle 1-2-3, éditions du sceren.
(4) Le dossier ressource (pdf) édité par l’atelier Grognard téléchargeable en bas de l’article.


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