Peindre la banlieue de Corot à Vlaminck

mercredi 4 janvier 2017
par  Stéphanie Duffour
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L’atelier Grognard présente une exposition offrant un panorama inédit de la diversité des représentations de la banlieue parisienne :
Peindre la banlieue, de Corot à Vlaminck 1850-1950.

L’exposition en quelques mots :
Extrait du communiqué de Presse  : « Qu’il s’agisse de représenter ses paysages naturels, ses loisirs ou son industrialisation, la banlieue a inspiré aux peintres des sujets et des interprétations plastiques jamais encore confrontés lors d’une exposition. Près de 140 œuvres seront dévoilées, signées d’artistes reconnus tels Monet, Caillebotte, Cézanne, Corot, Daubigny, Lhote, Gromaire, Dufy, Picabia... et de petits maîtres à découvrir comme Éliot ou Hervier. Des abords de Paris jusqu’à un rayon d’une cinquantaine de kilomètres, sites ruraux et bords de fleuves ont séduit les peintres. Leur attirance pour des coins de nature, pour certains non encore explorés, s’explique par le développement de la peinture en plein air, par le besoin de s’éloigner de la vie parisienne et par la recherche de nouveaux sujets. La banlieue offre en effet plusieurs visages, sources de divers motifs pittoresques d’abord empruntés à la nature pour elle-même (sous-bois, rochers, arbres, prairies, champs cultivés) et à la vie rustique. La représentation de la banlieue peut aussi s’inscrire dans une démarche de dénonciation du « progrès », alors la palette s’assombrit et l’œuvre se charge d’une connotation politico-sociale dès les années 1880. Ce sont tous ces motifs et ces approches picturales que l’exposition Peindre la banlieue s’attache à valoriser, mettant ainsi à l’honneur la place de la banlieue dans l’histoire de l’Art. »

Quelques éléments de continuité et de rupture dans l’HDA (contexte historique).

L’école de Barbizon :
Le terme école de Barbizon est apparu dans une publication en 1890. Ce mouvement est né vers 1835 (et a pratiquement atteint la fin du siècle si l’on tient compte de divers survivants et héritiers) ; il a reçu la participation, occasionnelle ou plus durable, de peintres se détournant d’un art codifié et antinaturel. La forêt de Fontainebleau et la plaine de Chailly deviennent un atelier grandeur nature et sans ruines antiques.

L’auberge Ganne de Barbizon a été un lieu d’hébergement (pas cher) et de ralliement de ces peintres d’horizons différents, parfois étrangers.

Les scènes rurales de John Constable, exposées au salon de Paris en 1824 eurent une influence décisive sur les jeunes peintres de l’époque qui décidèrent d’abandonner le formalisme de l’époque pour tirer leur propre inspiration de la Nature.
Leur désir est de travailler dans une proximité avec la nature et de donner de cette nature une vision réelle, en peignant ce qu’ils ont sous les yeux ; et cela passe par l’importance donnée à l’étude directe, à l’esquisse faite sur le terrain.

« Peindre est un autre mot pour sentir  » Cit. de John Constable
Les influences de l’école de Barbizon  : la peinture Hollandaise du XVIIème siècle, les peintres anglais du début du XIXème siècle, dont John Constable, les paysagistes romantiques et Turner, le peintre des phénomènes lumineux et atmosphériques…
Le mouvement impressionniste est redevable à l’esprit de Barbizon, qui a émancipé la peinture de paysage et rendu la nature plus proche (notamment grâce l’invention du tube de peinture qui permettra aux peintres de se déplacer plus facilement) car les peintres impressionnistes privilégieront le contact direct avec la réalité et sa transcription immédiate.

Le contexte historique  : Les grands travaux du Paris Hausmanien vont pousser les industries hors de Paris vers la périphérie, changeant ainsi radicalement le paysage de la banlieue.

Quelques entrées pédagogiques pour la maternelle à l’élémentaire  :
Voir la démarche de dépliage sur ce site, elle peut s’appliquer autant à la découverte du lieu que des œuvres. Exploiter le recueil de mots, après le tri (subjectif/objectif), pour construire les champs lexicaux de la Nature et en contraste de la Modernité, de l’industrialisation croissante.

Repérer les différents sujets des toiles, et l’évolution de ces sujets : la place accordée à la nature et ses images pittoresques (sous-bois, champs, cultivés, prairie, vie rustique…), le traitement plus moderne du paysage (présence des usines, des fumées…). Repérer les traces de l’industrialisation dans les tableaux : les transformations du paysage (opposition/contraste modernité/Nature), la présence de la modernité (moyens de transports, usines…) et l’atmosphère qui se dégage des tableaux (calme, esprit champêtre, désœuvrement et pauvreté...)

Repérer quelques traits de l’écriture picturale et son évolution.
Il s’agira pour les plus jeunes (maternelle) d’observer les tableaux (caractéristique de la touche : interroger les enfants sur les gestes, les outils. Qu’est-ce qui a produit cette touche ? Quelles couleurs sont privilégiées ? Repérer les couleurs, les caractériser, les comparer, observer leur agencement et de retour en classe, explorer les différentes gammes de verts.

Emettre un choix personnel suite à la visite organisée par la médiatrice de Grognard (en photographiant le tableau de son choix, en écrivant son titre, ou en s’asseyant pour en dessiner un détail…)

Sélectionner (pour les plus grands : cycle 3) quelques tableaux significatifs de l’évolution du paysage de la banlieue. Dresser le portrait de la banlieue en s’appuyant sur les ressentis du dépliage (atmosphère qui se dégage des tableaux : les mots de la colonne subjectif)) et le vocabulaire descriptif (mots de la colonne objectif).

Peindre sa banlieue  : organiser une sortie pour réaliser des croquis de son quartier. Sélectionner et cadrer à l’aide de petites lorgnettes en carton différents points de vue. Légender son croquis avec les couleurs que l’on perçoit. De retour en classe, utiliser des peintures puis, rédiger le portrait de ce lieu en production écrite (inventaire poétique, portrait, description de paysage….)

NB : On peut aussi envisager ce travail dans la cour de l’école, ou en regardant le point de vue de la fenêtre de la classe lorsque celle-ci est tourné vers l’extérieur…

Prolonger la visite en découvrant l’exposition « Tours et détours : Histoire de la Défense de 1883 à 1989 » aux Archives départementales des hauts de Seine qui présente l’évolution de ce lieu, ainsi que les projets (dont certains uturistes) qui y ont été liés ! (dossier de Presse en pièce jointe) et confronter les différentes images de la banlieue.
http://www.hauts-de-seine.fr/espace-presse/evenements/exposition-tours-et-detours-histoire-de-la-defense-1883-1989/
le teaser de la mise en place de l’exposition des Archives  : http://video.hauts-de-seine.fr/culture-et-patrimoine/decouvrez-les-coulisses-du-montage-de-lexposition-tours-et-detours-sur-la-defense-1

Des infos pratiques :

L’Exposition se déroulera du 6 décembre 2016 au 10 avril 2017 à l’Atelier Grognard.
L’atelier Grognard est ouvert tous les jours de 13h30 à 18h, et exceptionnellement pour cette exposition chaque mardi de 10h à 17h
CONTACTS et RESERVATIONS : 01 47 14 11 63, expositions.ateliergrognard@mairie-rueilmalmaison.fr .


Documents joints

communiqué de presse